Michel Houellebecq
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Michel Houellebecq est ne en 1958 a Saint-Pierre de la Reunion. Il a publiedifferents livres, parmi lesquels "Rester Vivant" (1991), "Extension duDomaine de la Lutte" (1994), "Les Particules Elementaires" (1998) et "LaPossibilite d'une Ile" (2005). Il vit en Irlande, et travaille dansdifferents lieux.
[edit] Stéphanie Moisdon et Hans-Ulrich ObristParis, le 2 Décembre 2006
HUO – Vous travaillez actuellement à la scénographie et au décor d’une scène de votre film, je crois à partir de la visite récente d’un musée de la préhistoire.
MH – J’avais un souvenir fort de cette scénographie particulière mise en place au musée de Tautavel, j’y suis retourné pour l’occasion, et mon impression a été aussi forte qu’à la première visite.
HUO –Dans cette salle de musée, le spectateur est plongé dans la pénombre, comme dans une salle de cinéma.
MH – C’est à mon avis cette utilisation de la pénombre qui fait que l’installation de Tautavel, malgré une qualité d’exécution inférieure, a un impact supérieur à celles du Muséum d’histoire naturelle de New York. La qualité d’exécution n’est pas un facteur déterminant pour le film, puisque ces vitrines sont supposées être l’œuvre du prophète, qui est avant tout un artiste « idéologique », souhaitant transmettre un message. Concernant les âges préhistoriques, son message est celui de Schopenhauer, de Baudelaire, d’Aristote déjà : une horreur et un dégoût radical par rapport à la manière dont est organisé le monde naturel. J’ai donc imagine deux pièces: l’une où un ours dévore un nourrisson et où les humains ne sont pas en mesure de s’y opposer, et une autre scène où un loup déchiquette une biche.
Comment qualifier l’art du prophète ? Ce n’est pas, en tout cas, le kitsch érotique « préraphaëlite option gros seins » qui est celui du prophète de mon livre ; de ce point de vue, le personnage a subi une évolution fondamentale. Concernant l’âge contemporain, l’attitude du prophète, rappelant celle du narrateur de mon livre, est la compassion devant l’extrême solitude dans laquelle les vieillards terminent leur existence. D’où la scène du vieux dans son fauteuil roulant (cf. extrait du livre p. 165 / Daniel 24,11).
Interview with Michel Houellebecq
[edit] Stéphanie Moisdon and Hans-Ulrich ObristParis, 2 December 2006HUO – You're currently working on the scenography and the set for a scene from your film – after a recent visit to a prehistory museum, I believe.
MH – I had a powerful memory of one particular layout in the museum in Tautavel. I went back for a look and it affected me just as much as the first time round.
HUO – In that part of the museum the visitor is plunged into semi-darkness, like in a cinema.
MH – For me it's this use of semi-darkness that gives Tautavel a greater impact than the Natural History Museum in New York, even if the technical standard is inferior. Technique isn't a crucial factor for the film, because the vitrines are supposed to be the work of the prophet, who's primarily an "ideological" artist out to get a message across. And the message, as far as the prehistoric period is concerned, is the same as Schopenhauer's, Baudelaire's and Aristotle's: horror and a radical disgust at the way the natural world is organised. So I came up with two pieces: one with a bear devouring an infant and the humans powerless to do anything about it, and another with a wolf tearing a hind apart.
How to describe the prophet's art? What it isn't, for sure, is the erotic, kitschy "pre-Raphaelite plus big tits" art of the prophet in my book; from that point of view the character has undergone a fundamental change. As for the contemporary age, the attitude of the prophet, like that of the narrator of my book, is one of compassion for the extreme solitude in which the old finish their lives. Which explains the scene of the old man in his wheelchair (cf. excerpt from the book, p. 165 / Daniel 24,11).
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